Dans mon coeur d'aubes et de crépuscules, souffrances et plaisir me consument.
Cocon de soie qui drape mon agonie.
Lambeaux de mes larmes, de mes sourires de lumière, de ma chair éparse.
Hurlements sonores qui déchirent la nuit.
Les ténèbres s'engouffrent. Dans mes paumes refroidies. Pensées emmêlées au parfum de Rose Osiria.
La fin d'une vie. La fin de tout. Faible sourire sur mon échéante destinée..
*
"Le plus grand des pouvoirs ne réside pas dans la puissance. Mais dans le coeur. Ne l'oublie jamais. Car tous perdent leur âme, au gré du temps." "Pourquoi perdrais-je mon coeur?..." "Je t'avertis simplement. L'Alchimie n'est rien face au pouvoir des émotions. A l'intérieur... Le coeur est la source de tout." "Vraiment...?" "Je peux te l'assurer. Sois le centre et non le milieu si tu veux survivre."
Je valse avec la mort. Je n'avais rien tenté depuis Mars. La pression fut trop forte. Tout en même temps. Le fait de savoir qu'Anthony a sombré dans le shit en côtoyant des sales types, Tristan qui veut ma peau, ma mère qui me détruit, Ian qui a des soucis ausquels je ne peux pas remédier dans l'immédiat ; et lorsqu'elle prit mes textes, mes oeuvres, sang de ma vie... La dernière pierre de l'édifice sombra. Moi avec...
Plaquette entière de Paroxétine Zydus mixée avec de l'Atarax.
J'ai bien vomi dans la nuit, j'ai survécu malgré la douleur et une sorte d'absence de la réalité qui ne m'a pas encore quittée. Je ne fais que dormir. Maigrir aussi.
Ma mère a tout nettoyé, et voyant que ma souffrance est bien réelle ; elle me ménage on dirait. Elle ne doute plus de cette agonie, bien que ça la dérange foncièrement.
Ma vue n'est pas entièrement restaurée. Mon champ de vision est mouvant et instable, je dois me concentrer pour suivre ce qui se passe autour de moi.
Dormir... Hier d'11h30 à 16h30. Et de 18h30 jusqu'à 8h30 ce matin.
Reposée encore cet après-midi.
Cette impression d'être entre deux mondes.
Mais... quand la souffrance atteint un certain seuil, il ne faut pas s'étonner. Voler mes textes se résume à voler ma vie.
Elle me les a rendu hier matin. J'ai eu très peur. Voilà un an que je m'acharne sur eux. Enchâssant mon âme dans la plume, qui glisse... Puis les retapant lentement. Tous les jours. Rallongeant. Modifiant.
La mort... Douce amie qui danse avec moi pour me ramener auprès de Ian dans un murmure drapé.
La fièvre me ravage. J'ignore d'où elle vient. Je suis déjà si fatiguée... Si hors de tout...
Encore envie de dormir... Je me sens molle.
Je crache du sang. L'acidité de ma gastrite perforant mon estomac qui se régénère en boitant.
Déveine, guigne, j'hurle mon désespoir bien souvent.
Bientôt Brignoles et je ne suis pas en état...
Pourvu que je récupère... *prie en silence*